AMBIANCE: Les premières heures de Mendo Ze à Kondengui

DOUALA - 14 NOV. 2014
© Florette MANEDONG | Le Messager

 

Pour la première nuit et journée à Kondengui, stress, peur et incertitude ont été les fidèles compagnons du Pr Gervais Mendo Ze quelque peu perdu dans son nouvel univers.

 

 

Gervais Mendo ZE
Photo: (c) Archives

13h30. c’est le rang, comme quotidiennement devant la prison centrale de Kondengui. Des familles entières font le déplacement de la prison centrale de Yaoundé pour rendre visite à leurs proches incarcérés en ces lieux. Le pas de la grille franchi, après évidement identification formelle des visiteurs, c’est tout un autre monde qui s’offre à eux. Ils doivent à nouveau franchir deux autres barrières, pour pouvoir avoir le loisir de discuter en paix avec les leurs. Mais, ce jeudi 13 novembre particulièrement, l’ambiance n’est pas tout à fait celle des jours habituels. Dans la première grande cour, que se partagent les différents bureaux de l’administration, l’air est plutôt chargé. En plus de certains Vip qui y reçoivent allègrement leurs visiteurs, une foule inexplicable est massée devant le bureau du régisseur de prison.

 

À la question de savoir ce que font les gens agglutinés à cet endroit, des curieux, plutôt bien informés, nous apprennent qu’ils sont des « membres de la famille de Mendo Ze ». L’air affligé, la mine triste, ils attendent, debout, à l’entrée. Mais qu’attendent-ils donc, ne peut s’empêcher de demander le reporter ? « Ils attendent de rencontrer leur frère qui est là à l’intérieur», répondent-ils. C’est que, dans la nuit du 12 novembre 2014, l’ex-ministre délégué à la Communication y a été amené. Un mandat de dépôt a été décerné contre lui  après sa longue audition  devant le corps spécialisé des officiers de police judicaire du Tribunal criminel spécial (Tcs) plus tôt dans la journée. C’est donc aux environs de 23h30, que le désormais détenu de la prison de Kondengui a fait son entrée en ces lieux comme le confirment des agents de l’administration pénitentiaire.

 

Ce soir là, raconte-t-on ici, « la prison était déjà en alerte. La rumeur était parvenue jusqu’à nous, mais personne ne savait exactement s’il était déjà arrivé ou non. Du coup, par nos moyens du bord, on essayait de se passer l’info pour savoir s’il est dans telle ou telle cellule», laisse entendre un Vip. Finalement, à son arrivée, c’est au quartier 14 que sera logé le père « d’Assimba ». Le Pr Gervais Mendo Ze est donc logé dans une chambre pour deux, qu’il partage avec Mengue Meka, ancien préfet et ancien directeur des affaires générale de la MAETUR. Il est ainsi logé dans le quartier le mieux loti de la prison, le quartier 14, classé devant le quartier 7 d’Olanguena Owono ex- Minsanté, 11 de Ntonga Onguené, ex-Dg des Adc, 12 de Jérôme Mendounga, ex ambassadeur du Cameroun aux Usa et actuellement interné à l’Hôpital général de Yaoundé et enfin, 13 Bis de Zogo Andela, opérateur économique. Sa chambre  est par ailleurs voisine direct de l’ex-Sgpr Jean Marie Atangana Mebara.

 

L’universitaire devra donc s’habituer aux nouvelles règles : ici, aucun détenu n’est nourri par la prison centrale. Ils font venir leurs repas directement de leurs domiciles. C’est davantage une question d’honneur et de dignité, qu’une toute autre question. Parmi ses pairs, (entendez les Vip de la prison), « son arrivée apporte du désespoir parmi les éperviables. Car depuis bientôt un  an, on n’a pas noté une seule arrivée de gros gibiers. On s’était dit que le président de la République s’était calmé et préparait tranquillement les échéances de 2018. nous nous attendions plutôt à de bonnes nouvelles, semblables à celle de mars derniers qui nous avait apporté beaucoup d’espoir», laisse entendre un Vip.

 

Malgré, le désespoir, tôt hier jeudi, certains d’entre eux sont allés souhaiter la bienvenue à leur nouveau compagnon de misère : Jean de Dieu Ndoumou, Nguini Effa, Charles Metouck et toute la communauté Bulu de la prison précisément. Mais avant, le professeur d’Université à dû se plier aux règles de la maison. Aux aurores, Il a dû se présenter à l’infirmerie pour une prise de sang en vue d’un  test de Vih et autres maladies virales avant de s’entretenir avec le médecin-chef de l’infirmerie de la prison sur son état de santé. À ce qui se dit, le Pr Gervais Mendo Ze a à peine fermé l’œil de la nuit. L’une des  plus longues de sa vie. Angoissé et même stressé, il n’en revenait toujours pas. C’est difficilement  que sa voix était audible, et qu’on pouvait l’entendre à seulement quelques mètres de lui, raconte un détenu. C’est bien pour cela que le régisseur  de la prison Médard Bomotoliga prend très à cœur son rôle d’accompagnateur, et même de psychologue. Pour cette première journée, il s’est entièrement consacré à lui pour répondre à ses diverses préoccupations, mais davantage pour le rassurer, afin de faciliter son intégration.

 

Florette MANEDONG à Kondengui

Focal: La bienvenue en chanson au «bleu»

C’était digne d’un standing ovation, ce qui s’est passé à la prison centrale de Yaoundé à Kondengui hier jeudi 13 novembre 2014 en matinée. Dès leur réveil, les prisonniers, sortis du Kossovo et des autres quartiers pauvres de la prison, se sont retrouvés sur la grande cour du pénitencier. Sur ce terrain qui leur sert également de terrain de foot, comme s’ils se sont passé le mot pour entonner, à l’attention du nouvel arrivant, le célèbre chant : « Assimba ». Une réalisation du Pr Gervais Mendo Ze via sa célèbre chorale la voix du Cénacle. Les prisonniers se sont constitués en chœur du « Assimba eh ! Ah Bebe Dzam Assimba eh» et même parfois du «  Bambae esahe bamba Esahe eeeééé jusqu’à pratiquement 12h30. Il a fallu l’aide des gardiens de prison, pour mettre fin à ce qui sonnait déjà comme une moquerie.

 

F.M

 



14/11/2014
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