Le préfet exige 3 millions Fcfa pour régler un litige foncier

 

Cameroun,Cameroon : Le préfet exige 3 millions Fcfa pour régler un litige foncierDeux villages se disputent une parcelle de terre d’environ 80 hectares.

Les populations des villages Torok et Lobokri dans le Mayo-Kani, se disputent environ 80 hectares de terre. Une situation qui n’est pas sans engendrer des querelles et autres provocations de toute nature. C’est du moins ce qui ressort d’une plainte datée du 18 juin 2014 et déposée par des chefs traditionnels auprès  du procureur de la République près les tribunaux de première et grande instance de Kaélé. Cette plainte dont nous avons obtenu copie mentionne par  exemple que le nommé Monkagou Holebele, un riverain de Tchatibali-Torok, et neuf autres personnes, attaquent régulièrement le quartier Lobokri et détruisent les habitats.

Toujours selon la plainte, les assaillants armés de flèches, lances, machettes, couteaux et bâtons ont menacé leurs victimes en des termes clairs : «Nous sommes de véritables rebelles de la zone. Nous allons enlever vos enfants et vous allez les récupérer contre rançon». Les descentes punitives se sont déroulées, toujours à en croire la plainte, les 4 et 12 juin 2014.

Pour éviter que ce conflit qui date depuis quatre ans ne dégénère, le sénateur Dakolé Daïssala, par ailleurs chef du village Goundaye, a sollicité un constat des  services de Me Tizé Kova, huissier de justice près la Cours d’appel de l’Extrême-Nord et les tribunaux de Kaélé pour constater la parcelle litigieuse située  à l’ouest de Lobokri. L’espace, objet du litige, est donc évalué à environ à 80 hectares. Les autorités administratives ont par la suite été mises au courant de la situation, aux fins de définir quel espace appartenait à chaque village.

Force est de constater que les autorités administratives continuent de traîner les pieds. Elles réclament, selon diverses sources crédibles, la rondelette somme de trois millions Fcfa représentant les frais de déplacement. Alors que les uns et les autres attendent le dénouement de cette affaire, des incidents réguliers ravivent les tensions. Il en est ainsi quand, Ndjieya, agent forestier en service à la délégation d’arrondissement des Forêts et de la faune de Guidiguis, a saisi dans la journée du 19 mai 2014, une charrette et autres matériels de travail des populations de Lobokri.

«Je ne peux vous répondre du moment où je n’ai pas eu l’aval de ma hiérarchie. Veuillez-vous rapprocher de mon délégué, du sous préfet de Guidiguis et ou du préfet du Mayo Kani pour cette affaire», indique Ndjieya Pierre, que certaines langues accusent d’avoir été instrumentalisé par le lamido de Guidiguis, sa majesté Alioum Ahmadou. En effet, le chef traditionnel de Guidiguis est accusé d’inciter les populations à la révolte et à la division. Mais sa majesté Alioum Ahmadou rejette en bloc ces d’accusations. «Je suis surpris par ces déclarations. 

En ce qui concerne la charrette, j’ai intervenu pour que le chef forestier remette la restitue, mais il a refusé en affirmant qu’il fait son travail. Comme c’est un espace protégé, nous demandons aux gens de ne pas couper les arbres, de ne pas habiter là-bas, mais ils s’entêtent. J’ai l’impression que les frères de Dakolé ne lui disent pas la vérité. Le préfet a été saisi et a proposé une descente pour faire une démarcation entre l’arrondissement de Taibong et celui de Guidiguis, je n’ai aucun intérêt à empêcher qui que ce soit. Dakolé est âgé, il devrait être un patriarche, on devrait s’entendre sur notre arrondissement, mais les gens veulent mélanger la politique et le développement », regrette le lamido de Guidiguis, Alioum Ahmadou. 

Pour régler ce conflit, le préfet a reporté plusieurs fois sa descente sur le terrain faute de carburant. En attendant les trois millions réclamés, la descente a donc été renvoyée à une date ultérieure. «Nous avons confiance en la justice de notre pays, puisque les autorités administratives n’attachent aucun intérêt à ce problème et surtout que les populations ont encore le triste souvenir de nos enfants enlevés et exécutés en territoire tchadien il y a quelque temps», a déclare pour sa part le sénateur Dakolé. 

© L’Oeil du Sahel : DAVID WENAÏ


23/07/2014
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